SPECIAL REPORT 25.06
Des chiffres précis
Le Premier Ministre, François Bayrou a promis d’annoncer le budget 2026 de la France, début juillet 2025, mais surtout d’expliciter sa structuration avec un objectif de 40 milliards d’économie. Cette somme en soi importante est à replacer dans un contexte global avec des chiffres précis et actualisés afin d’éviter de se faire emberlificoter dans des notions souvent floues et pire à ne disposer que de pourcentages dont on nous cache la base et le mode de calcul.
Dans cette note nous nos efforçons de partager des données actualisées, éventuellement un peu rébarbatives, mais qui devraient permettre à chacune et à chacun d’entre vous de se faire sa propre opinion lorsque les propositions ministérielles seront dévoilées et débattues.
Sauf exception les chiffres sont ceux de 2024 et les sommes en milliards d’euros
Ce qui différencie la France des autres pays, ce n’est pas, contrairement à ce qui est souvent décrit, son modèle social mais sa structuration politique : un modèle STATO-CONSUMERISTRE hypertrophié (selon l’expression de Jérôme Fourquet) qui fait intervenir l’Etat sur tout et qui donne la primauté au pouvoir d’achat plutôt qu’au revenu. L’Etat favorise systématiquement le consommateur au détriment du producteur. C’est une politique qui a débuté durant les années 80 à un moment où l’inflation était très forte (supérieure à 10%) et où le taux de chômage augmentait fortement. Ce qui relevait d’une politique conjoncturelle est devenu une politique structurelle avec toute une génération habituée à s’assurer un pouvoir d’achat grâce à des aides et des subventions en substitution ou en accompagnement d’un revenu du travail faible.
Quelques chiffres pour étayer cet argumentaire.
L’Etat maintient artificiellement des revenus bas par les prélèvements sociaux et fiscaux élevés (les plus élévés de l’UE 27) et se targue de corriger les inégalités sociales par la redistribution des aides ou par de la défiscalisation. Dans ce contexte précis seul 44,7% des foyers fiscaux sont imposables. Plus de 12 millions de foyers fiscaux bénéficient d'une réduction d'impôt ou d'un crédit d'impôt, soit trois foyers sur dix.
En France, un salaire brut de 1 000 euros, correspond à un salaire chargé de 1 420 euros et un salaire net de 770 euros.
En Allemagne, un salaire brut de 1 000 euros, correspond à un salaire chargé de 1 200 euros et un salaire net de 805 euros.
En France 10% des salariés perçoivent le SMIC (1 801 euros)
12% des salariés perçoivent entre 1 et 1,2 SMIC (2 161 euros)
16% des salaries perçoivent entre 1,2 et 1,4 SMIC (2 521 euros)
Ce qui veut dire que les pouvoirs publics déterminent directement les salaires de 38% de la population salariée.
Selon l’économiste Marc Touati, pour fonctionner l’Etat Français s’appuie non seulement sur ses ministères et ses représentants régionaux mais également sur 103 Agences d’Etat et plus de 700 ODAC (organismes divers d’administration centrale) et ODAL (organismes divers d’administration locales) qui sont financés par affectation de recettes et qui exercent une competénce fonctionnelle spécifique au niveau national ou local. Selon l’INSEE le budget des ODAC est de 140 milliards dont les doublons avérés représentent à eux seul 8 milliards.
Tout aussi intéressant est de suivre certaines évolutions récentes
Celle du PIB entre 2022 et 2024 + 5,3%
Celle des dépenses publiques + 22% (+ 63 milliards en 2024)
Prestations Sociales + 11,5%
Celle des impôts et des prélèvements sociaux + 0%
En espérant que ces chiffres un peu fastidieux vous permettront de mieux estimer comment le gouvernement fera la part des choses entre augmentation des prélèvements et réduction des dépenses. Vous en aurez bien besoin lorsqu’on vous expliquera le principe « d’une année blanche » qui sera présenté comme une diminution des dépenses.
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