Les entreprises européennes à la traîne
Dans le top 50 des entreprises à la plus forte valorisation boursière, 34 sont américaines et seulement 6 sont européennes
Dans un article intitulé un « Un monde posteuropéen : déjà une réalité ? » publié le 24 janvier 2025, nous évoquions une Europe déclinante et défaillante depuis trois décennies en citant un article de Walter Russel Mead dans le Wall Street Journal du 6 janvier 2025, où il écrivait : « l’Europe a abdiqué son rôle historique à travers des décennies de choix stratégiques erronés et d’échecs économiques. »
Une publication de Visual Capitalist « The World’s 50 Most Valuable Companies in 2026 » du 25 février 2026, Ranked: The World’s 50 Most Valuable Companies in 2026, qui liste les plus grandes entreprises mondiales en fonction de leur valeur capitalistique, nous apporte des éléments concrets et chiffrés.
Selon cette analyse les trois plus grandes entreprises mondiales sont Nvidia (4 800 milliards de $), suivi d’Apple (4 000 milliards de $) et d’Alphabet (3 800 milliards de $).
Dans le top 10, 8 entreprises sont américaines, TSMC (Taiwan), une société de technologie est classée sixième et Saudi Aramco (Arabie Saoudite), active dans le secteur de l'énergie est septième.
Dans le top 10, 7 entreprises sont des entreprises de technologie.
Dans le top 20, quatre sont des entreprises de semi-conducteurs directement liées à des activités d’Intelligence Artificielle : Nvidia (USA) en 1er, TSMC (Taiwan) en 6ème, Broadcom (USA) en 9ème et ASML (Pays Bas) est 19ème.
Dans le top 50, 34 sociétés ont leurs sièges sociaux aux Etats-Unis et uniquement 6 en Europe. La société chinoise la plus valorisée en bourse, Tencent, une société du secteur de la technologie, est en 18ème position et valorisée à 603 milliards de $
Les 6 entreprises européennes qui figurent dans ce classement sont :
19ème ASML (Pays-Bas) secteur des semi-conducteurs (592 milliards de $)
28ème Roche (Suisse) secteur de la pharmacie (380 milliards de $)
41ème LVMH (France), secteur du luxe (324 milliards de $)
42ème HSBC (UK) secteur bancaire (323 milliards de $)
43ème Novartis (Suisse) secteur de la pharmacie (322 milliards de $)
45ème Astra Zeneca (UK), secteur de la pharmacie (319 milliards de S)
A noter que Novo Nordisk qui était devenue la première société européenne a disparu de ce classement après avoir vu sa capitalisation boursière divisée par trois depuis son sommet de janvier 2024 à 640 milliards de $. A noter aussi que le taux de change actuel €/$ favorise l’émergence d’entreprises capitalisées en euros, francs suisse et en livres sterling.
Le secteur de la pharmacie avec 7 entreprises est plutôt bien représenté dans le top 50 du classement de Visual Capitalist
13ème Eli Lilly (USA) à 971 milliards de $
20ème Johnson & Johnson (USA) à 591 milliards de $
26ème Abbvie (USA) à 400 milliards de $
28ème Roche (Suisse) à 380 milliards de $
43ème Novartis (Suisse) à 322 milliards de $
45ème AstraZeneca (UK et Suède) à 319 milliards de $
50ème Merck (USA) à 305 milliards de $
Le secteur de la pharmacie européenne avec la Suisse et le Royaume Uni est encore compétitif au niveau mondial, même si les trois plus grandes valorisations sont américaines. Pfizer (USA) qui a longtemps été le N°1 mondial du secteur est également absent de ce classement puisque uniquement valorisé à 151 milliards de $ à cette date.
Un des très rares secteurs où l'Europe reste leader est celui du luxe dominé par des entreprises françaises (LVMH, Christian Dior et Hermès).
Dans le domaine de la technologie le différentiel entre l'Europe et ses compétiteurs directs: la Chine et les Etats-Unis est abyssal. Trois raisons structurelles sous-tendent ce constat:
- la faiblesse des investissements dédiés à l'innovation
- un système économique qui n'est pas propice à la prise de risque, ni à un rapide développement mondial. "The challenge is not a lack of talent or resources, but whether the economic system tolerates risk and failure long enough to foster breakthroughs." Et encore selon Mario Draghi: "We have many ideas, but we struggle to turn them into companies that lead global market.”
- un manque de coopération stratégique entre sociétés européennes actives dans des domaines hautement compétitifs. L'exemple du conflit acharné entre Airbus Defence & Space en Allemagne et Dassault Aviation en France, les deux partenaires stratégiques pour la construction du futur avion de combat européen SCAF (Système de Combat Aérien du Futur), en est une parfaite illustration.
Le 6 mars 2026
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