Une approche diagnostique holistique de la maladie d’Alzheimer.
SPECIAL REPORT 24.13
La maladie d’Alzheimer reste une pathologie très complexe qui probablement ne se vaincra pas par la découverte d’un vaccin miracle comme on l’espérait en 1999, après la publication dans Nature d’une étude menée par Dale Shenk. Pendant près de trois décennies la grande majorité des efforts de recherche et de développement se sont focalisés sur « l’hypothèse béta-amyloïde » en négligeant d’autres facteurs importants tels que la neuro-inflammation, le dysfonctionnement de la communication synaptique et le dérèglement de la fonction vasculaire cérébrale. Bien que deux produits anti-amyloïdes aient été approuvés aux Etats-Unis, en Chine, au Japon et au Royaume Uni, mais pas en Europe, il est évident pour nous, comme nous l’avons maintes fois affirmé, que la solution à cette pathologie se trouvera dans l’utilisation d’un arsenal thérapeutique diversifié, capable d’interagir le plus tôt possible dans tous les processus neurodégénératifs et vasculaires. L’objectif est clair : intervenir avant l’intervention des premiers symptômes pour freiner, voire stopper la progression de la maladie. Or on sait que quand les symptômes cliniques apparaissent les lésions amyloïdes sont déjà fortement installées. Mais alors quels seraient le ou les biomarqueurs les plus pertinents pour identifier avec certitude l’apparition de la maladie ? Des résultats récents publiés par l’équipe du Professeur Karikari de l’Université de Pittsburg, dans
Molecular Neurodegeneration du 10 octobre 2024, proposent une approche qui a le mérite d’être résolument holistique et qui ne se focalise pas que sur un ou deux biomarqueurs. Les chercheurs décrivent une plateforme de test sanguin qui permet d’analyser simultanément 116 biomarqueurs impliqués dans l’apparition et l’évolution de la maladie d’Alzheimer. Les biomarqueurs retenus sont p.ex : p-tau217, p-tau231, p-tau181 et GFAP qui sont associés à des excès de béta-amyloïde et de protéine tau, mais aussi des marqueurs cérébrovasculaires tels que ICAM1, VCAM1, PDGFRB, PGF, VEGFA, VEGFD, de désordres synaptiques comme NPTX1 ou d’activité gliale anormale comme CHIT1, CHIT3L1 ou YKL-40.
Si la validité de cette plateforme, basée sur des taux sanguins, s’avère exacte elle ouvrirait des perspectives très utiles pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer. On pourrait imaginer qu’elle serait utile pour :
- Contribuer à l’élaboration de modèles prédictifs de progression de la maladie
- Aider à l’évaluation de l’efficacité des nouveaux traitements en étude clinique
- Faciliter le suivi longitudinal de sujets asymptomatiques.
Comme le dit très justement le Professeur Thomas Karikari, cette étude se veut d’abord être d'une vision holistique :
«La maladie d'Alzheimer ne doit pas être examinée à travers un seul prisme»
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